Portraits
Pagaille Festival : Rencontre avec WEB, le groupe Bordelais qui enflamme les réseaux sociaux
À l’occasion du Pagaille Festival, Epic Magazine a rencontré WEB, le jeune groupe de rock bordelais, quelques heures avant son passage sur l’historique place des Quinconces à Bordeaux. Devant près de 30 000 personnes et aux côtés de The Cure et Slowdive, Eliott, William, Basile et Matt s’apprêtent à vivre l’un de leurs plus grands concerts. Entre ascension, amitié, nouvel EP « Poupée Parfaite » et première tournée en tête d’affiche, WEB nous raconte les coulisses d’un projet qui ne cesse de grandir.
Epic Magazine France : Vous êtes Bordelais et aujourd’hui vous jouez en plein cœur de Bordeaux, place des Quinconces. Qu’est-ce que cette date représente pour vous ?
Eliott : Pour nous, c’est la consécration de beaucoup de mois de travail, voire d’années. On a eu la chance de faire beaucoup de concerts à Bordeaux, on a joué dans un peu toutes les salles, tous les open mics… Je pense qu’on n’a jamais été autant hypés par un concert que celui-là.
On sent qu’il y a vraiment une énergie spéciale entre nous. Ça s’est senti pendant les répétitions, il se passe quelque chose d’un peu magique depuis qu’on a su qu’on allait jouer ici.
30 000 personnes, c’est la plus grosse jauge qu’on ait jamais faite, et surtout avec autant de temps puisque nous allons jouer 40 minutes. On a très envie de faire un gros show et de montrer qui est WEB ce soir.
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Quand WEB a commencé, est-ce que vous auriez imaginé un jour vous retrouver sur une affiche comme celle du Pagaille Festival ?
Will : J’ai envie de te dire que oui. On a commencé avec une sorte de candeur. Dès qu’on s’est rencontrés, on s’imaginait déjà faire de grandes choses.
Je pense qu’on s’imaginait aller loin par innocence et naïveté. On s’imaginait sûrement jouer ici, mais sans vraiment se rendre compte de ce que ça pouvait représenter.
Vous avez beaucoup joué ces derniers temps. Est-ce que jouer à Bordeaux, « à la maison », procure une pression différente ?
Basile : Jouer à Bordeaux, ça me procure moins de pression, car on est à la maison. Je peux rentrer chez moi le soir, c’est très confortable et j’ai mes repères. Mais la balance est folle, car c’est quand même stressant.
Eliott : Pour moi, les concerts à Bordeaux, c’est stressant car il y a tes proches et ta famille. Cette place, j’y suis passé des centaines de fois, donc c’est un sentiment très spécial. J’avais déjà visualisé cet instant.
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Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Basile : Eliott et moi, on s’est rencontrés en terminale car il faisait de la musique dans son petit studio. De fil en aiguille, on a rencontré William à la fac, en musicologie. Ensuite, Eliott m’a présenté William.
Que veut dire « WEB » ?
Eliott : À la base, ça veut dire « William, Eliott, Basile ». Mais quand Matt nous a rejoints, c’est plutôt devenu « la toile », avec l’idée de rallier les gens à une cause.
Ça peut aussi vouloir dire « We Love », avec le B en forme de cœur. On a rencontré Matt un an et demi après le début du groupe et ça a vraiment scellé la formation.
À quel moment vous vous êtes dit : « Ok, WEB n’est plus seulement un groupe de potes, quelque chose est vraiment en train de se passer » ?
Will : On s’est directement pris au sérieux. En tout cas, on faisait ça par passion et de manière déterminée. On avait vraiment envie de faire quelque chose de ce projet.
Parmi tout ce que vous avez vécu depuis vos débuts, quel a été le moment qui a vraiment fait basculer le projet ?
Will : Dans un premier temps, il y a eu la tournée avec la Rock School Barbey. Là, on s’est dit que ça devenait sérieux.
Et dans un second temps, il y a eu les Inouïs du Printemps de Bourges. Beaucoup de choses en ont découlé après.
Les Inouïs du Printemps de Bourges ont-ils marqué un avant et un après pour WEB ?
Will : Clairement.
Votre progression a été assez rapide. Est-ce que ça crée une forme de pression pour la suite ?
Eliott : Les réseaux sociaux sont arrivés avant la signature avec Warner. On a eu une énorme pression. On a dû créer un répertoire, on a pris notre temps pour le faire et faire évoluer les sets en fonction des événements. On a eu un public avant même d’avoir des morceaux.
Vous vous définissez parfois comme un « boys band rock ». Qu’est-ce que ça veut dire exactement pour vous ?
Eliott : Pour nous, le fait de faire du rock aujourd’hui, on le voit à l’américaine et à l’anglaise. Il y a beaucoup de projets rock dans l’identité et les propos, mais qui se rapprochent aussi du rap et du métal.
On adore le côté ironique du « boys band » et le fait de jouer à plusieurs.
Vous êtes quatre avec des personnalités différentes. Comment ces quatre univers finissent-ils par créer une seule identité : WEB ?
Will : On est complémentaires, avec quatre tempéraments différents, et on tient tous à notre identité. Le but, c’est de faire matcher les influences.
Ensemble, on crée une synergie avec toutes nos inspirations et c’est une grosse force pour nous. Mais l’enjeu, c’est aussi de réussir à faire des morceaux qui nous plaisent à tous.
Vous avez un adjectif pour vous décrire individuellement ?
Eliott : William, c’est le geek. Basile, c’est le drôle. Matt, c’est le perfectionniste !
Will : Eliott, c’est celui qui passe le plus de temps sur le projet et celui qui l’encadre le mieux. C’est notre « commandant » ! (rires)
Pourquoi avoir appelé votre EP « Poupée Parfaite » ?
Eliott : On avait envie de faire un truc rose pour contraster avec le côté rock et faire référence à une forme de féminité. L’image de la poupée rappelle ça.
Le côté « parfait » rappelle notre liberté face aux standards du rock et au regard des autres vis-à-vis de nous-mêmes.
Qu’est-ce que cet EP raconte de WEB que vos premiers morceaux ne racontaient pas encore ?
Eliott : Cet EP est un message de liberté et une invitation au lâcher-prise. Le but est de dire aux gens : « Ne devenez pas des poupées parfaites et acceptez que tout ne soit pas parfait dans votre vie. »
Si quelqu’un découvre WEB aujourd’hui au Pagaille Festival, quel morceau devrait-il écouter ensuite pour comprendre immédiatement qui vous êtes ?
Basile : Je dirais « Changer ».
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Qu’est-ce que vous avez dû sacrifier personnellement pour permettre à WEB d’en arriver là ?
Eliott : Beaucoup de temps…
Will : J’ai beaucoup ressenti ce sentiment de sacrifice. De mon côté, j’aime faire de la musique pour moi. Depuis que WEB prend une certaine ampleur, j’ai de plus en plus de mal à faire autre chose que de la musique pour WEB. Mais c’est pour la bonne cause.
Vous êtes quatre amis qui passez énormément de temps ensemble. Comment fait-on pour préserver l’amitié quand le groupe devient aussi un travail ?
Will : La question est insane ! On se l’est posée il n’y a pas si longtemps. On se voit énormément, environ six heures par jour. Ce n’est pas toujours facile, donc on essaie aussi de passer du temps ensemble autrement.
Ce soir, vous partagez notamment l’affiche avec The Cure et Slowdive. Qu’est-ce que ça vous fait de voir « WEB » sur la même affiche que ces groupes ?
Eliott : C’est un bonheur fou. Ce sont des groupes qu’on écoutait tous quand on était petits et qu’on entendait à la radio.
Ça nous rappelle que WEB grandit et c’est vraiment un instant de réalisation pour nous.
Est-ce qu’il y a un artiste du festival que vous avez particulièrement envie de voir ou de rencontrer ?
Eliott et Basile : The Cure !
Will : Pour moi, c’est Meryl. Représente 972 !
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Après Pagaille, c’est quoi la prochaine grosse étape pour WEB ?
Eliott : Pour nous, c’est la tournée qui arrive cet hiver. C’est notre première tournée en headline. Certaines dates affichent déjà complet alors qu’on n’y est jamais allés. Ça va être fou !
Le meilleur concert que vous ayez vu ?
Eliott : Machine Gun Kelly !
Basile : Theodora !
Will : Youv Dee en 2021 ! C’était mon tout premier concert.
Un artiste ou un groupe que vous écoutez tous les quatre ?
WEB : Bring Me The Horizon !
Votre endroit préféré à Bordeaux ?
WEB : La place de la Victoire, avec le Grizzly Pub !
Petite salle bouillante ou énorme festival ?
WEB : Gros festival !
Le membre de WEB qui est toujours en retard ?
WEB : Avant, Eliott. Maintenant, Matt ! (rires)
Dans cinq ans, WEB joue où ?
WEB : À l’Arkéa Arena et pourquoi pas Bercy ! (rires)
Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
Eliott : Beaucoup d’amitié, beaucoup d’amour et que le projet continue.
Basile : De continuer à kiffer et à prendre du plaisir.
Will : Pareil !
Propos recueillis par Guillaume Rospars le 28 aout à l’occasion du Pagaille Festival.
