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Entretien Charlotte Fever, la nouvelle sensation de la pop française

(c) Emma Birski
Guillaume Rospars

Publié

le

Charlotte Fever, le groupe pop français qui fait vibrer la scène musicale avec son premier album audacieux, « Paris Cyclone » . Entretien avec Cassandra et Alexandre, dont la passion et le talent promettent de redéfinir le paysage de la pop française.

Pouvez-vous nous parler des débuts de Charlotte Fever ? Comment le groupe s’est-il formé ?

Alexandre : À la base, j’avais un groupe de rock psychédélique il y a 5-6 ans. Sur la fin, j’ai proposé à Cassandra de nous rejoindre pour faire des chœurs. En collaborant ensemble, on a décidé de monter un duo de manière spontanée. Au début, on ne l’a pas forcément fait dans une optique de professionnalisation. Mais de fil en aiguille, nous nous sommes retrouvés dans un studio et l’alchimie a directement opéré entre nous. C’est comme ça qu’on a décidé de collaborer ensemble.

Pour l’anecdote, le nom du groupe vient du jour où nous étions dans ce studio, notre manageuse et amie Charlotte était malade. Elle avait une grosse fièvre. Nous avons donc décidé d’appeler le morceau composé ce jour-là « Charlotte Fever », qui est ensuite devenu le nom du projet.

Quelles sont vos principales influences musicales ? Y a-t-il des artistes ou des genres spécifiques qui ont façonné votre son ?

Alexandre : Pour ma part, c’est Sébastien Tellier, Tame Impala, MGMT, Les Beatles… qui sont des puits d’influences pour moi. Je dirais aussi Polo & Pan pour le côté électro.

Cassandra : Moi je rajouterais Niagara !

Comment s’est déroulé le processus de création de votre premier album « Paris Cyclone » ? Avez-vous rencontré des défis particuliers ?

Cassandra : On fait tout dans la même pièce du début à la fin. C’est sûrement ce qui fait notre force car on enregistre en toute liberté, sans contrainte de temps. Souvent Alexandre amène les premières idées (mélodies, instrus) et me les propose. Ensuite, on arrange le tout ensemble. On est totalement autonomes.

Alexandre : C’est notre cocon. On est hyper à l’aise comme ça. Aucune barrière. En plus, je n’ai pas forcément l’habitude du studio. Mais je ne suis pas fermé à cette idée dans le futur. Pour le mix et le mastering on fait appel à des gens très patients. (Rires)

Cassandra : La conception de l’album s’est très bien passée. On n’a pas rencontré de problèmes en particulier. C’est plutôt pour la distribution où c’est plus compliqué.

Alexandre : C’est un album qu’on a fait sur deux ans. Donc on a eu le temps de faire les choses comme on le voulait. Il y a eu plusieurs allers-retours entre Yoann, notre ingé-son, et nous car on cherche toujours à avoir quelque chose de parfait. Merci à Yoann pour sa patience.

Y a-t-il une chanson de l’album qui vous tient particulièrement à cœur ? Pourquoi ?

Alexandre : Pour ma part c’est le morceau « Paris Cyclone ». C’est une petite prise de risque dans le sens où il y a les codes instrumentaux que l’on utilise d’habitude, mais cette fois-ci on les a utilisés dans une ambiance plus « dark », plus triste, plus mélancolique. On s’est inspiré du Hans Zimmer des années 80. On voulait obtenir quelque chose qu’on n’avait jamais entendu avant en faisant un cocktail de pleins de sons. Souvent quand tu fais ça ce n’est jamais trop agréable. En revanche, je trouve qu’avec ce morceau, ce cocktail fonctionne et j’en suis super fier.

Cassandra : Moi je dirais que c’est « Bon Temps ». À la base, ce morceau part d’une blague, on avait envie de se marrer. Mais c’est une blague que nous avons voulu mettre à la sauce Charlotte Fever. On a un humour décalé dans nos personnalités ainsi que dans l’identité du groupe et ce morceau c’est ça. En plus, je ne me serais jamais douté que ce morceau passerait sur FIP. (Rires) J’aime ce morceau car c’est une leçon pour moi.

Quels thèmes abordez-vous dans cet album ? Y a-t-il un message central ou une histoire que vous souhaitez transmettre à travers votre musique ?

Alexandre : On parle beaucoup de plage, de paysages idylliques. Ce sont des endroits où on aimerait beaucoup être. Il n’y a pas de vrai message à délivrer. On écrit sur « nos fantasmes » et c’est une libération intellectuelle pour nous d’écrire sur des endroits où l’on ne va jamais et où l’on se sent bien. C’est ainsi que je le perçois.

Cassandra : On voulait reprendre les codes de Gainsbourg à l’époque. Parler de sexe de manière poétique et remettre un certain érotisme au goût du jour. J’aime beaucoup les chansons d’amour, surtout les chansons d’amour rythmées et romantiques.

Comment votre expérience dans l’industrie de la musique a-t-elle évolué depuis la formation du groupe ?

Cassandra : En créant Charlotte Fever en 2018, les choses se sont faites naturellement. On a rencontré les professionnels qui nous entourent au bon moment. On a aussi eu des petites désillusions sur des dispositifs d’accompagnement mais rien de méchant. Aujourd’hui on arrive à vivre de ça. On a fait des tournées internationales, des clips, un album. Le tout librement.

Alexandre : J’ai créé mes premiers groupes vers 2007-2008. J’ai toujours porté des projets depuis ce temps-là. Depuis 3 ans, on a la chance de vivre pleinement de notre projet.

Quel a été le retour de vos fans et du public sur votre musique jusqu’à présent ?

Alexandre : Les retours ont été super positifs de la part du public, on est super contents !

Avez-vous une anecdote ou un moment particulier lors d’un concert ou d’une interaction avec vos fans qui vous a marqué ?

Cassandra : On a fait un concert à 10 heures du matin dans la cour de récré d’une école en Amérique centrale. C’est un souvenir très fort pour nous. C’est l’Alliance Française qui nous avait demandé de faire un concert dans une école. Étonnant pour un groupe de pop française qui parle de sexe !

Les enfants de l’école avaient des cours de français et avaient préparé des pancartes avec des photos de nous et les paroles écrites au feutre. Ils avaient appris les paroles par cœur et chantaient avec nous, c’était incroyable.

On les a rencontrés le temps d’une récré après le concert. On a fait des autographes sur des billets de banque, des plâtres, des trousses, des gommes… C’était fou, c’est un souvenir incroyable gravé à jamais.

Quels sont vos projets futurs après la sortie de « Paris Cyclone » ? Avez-vous déjà des idées pour un prochain album ?

Cassandra : On a des singles en préparation, on a hâte que ça sorte !

Comment voyez-vous l’évolution de Charlotte Fever dans les prochaines années ?

Cassandra : On aimerait vraiment développer le live. Alexandre a des envies de salles.

Alexandre : On voudrait durer un maximum de temps, genre 50 ans. J’aimerais bien jouer à l’Olympia une fois dans ma vie, c’est un peu le goal ultime. (Rires)

Qu’aimeriez-vous dire à ceux qui découvrent votre musique pour la première fois à travers cet album ?

Cassandra : Alors déjà, merci de nous écouter ! Et si ça vous a plu, restez à l’affût des prochaines choses qui sortiront bientôt.

Alexandre : Gardez le sourire, ça fait du bien par les temps qui courent. Continuez d’écouter de la musique sympathique et joviale ! (Rires)

Si vous aviez un conseil à donner à de jeunes artistes qui débutent dans la musique, quel serait-il ?

Alexandre : D’entreprendre !

Cassandra : Ne pas s’attacher aux codes que l’on peut mettre dans la tête des jeunes artistes quand ils commencent. Tu peux très bien t’en sortir sans signer en major. La réussite pour moi c’est faire librement son art et en vivre. Tu n’auras pas forcément besoin d’un gros label pour ça. La vraie liberté, c’est faire ce que tu veux sans contraintes. Il ne faut pas se mettre de fausses barrières.

En dehors de la musique, quels sont vos intérêts ou passions ? Y a-t-il des hobbies ou des activités qui vous inspirent ou influencent votre créativité ?

Alexandre : Pour moi, c’est le cinéma. Je regarde beaucoup de cinéma contemplatif. J’aime beaucoup Nicolas Winding Refn, Jean-Luc Godard, Ridley Scott, etc. Le beau cinéma avec de beaux tableaux quoi. Ça m’inspire beaucoup pour la musique d’ailleurs. Il y a la gastronomie aussi ! Je fais beaucoup à manger, j’aime beaucoup la gastronomie italienne.

Cassandra : Moi, j’aime l’art en règle générale. J’aime beaucoup lire et aller dans des musées, je suis une grande fan de Victor Vasarely.

Vous jouez bientôt à la Maroquinerie, pouvez-vous nous en dire plus ?

Cassandra : Oui ! On joue le 22 février à la Maroquinerie ! Venez, on est super sympas !

Alexandre : En plus, on a beaucoup travaillé le show, ça va être mortel. On a bossé le concert pendant 6 mois. Il y aura des chansons inédites. Bref, venez ! (Rires)

Retrouvez Charlotte Fever à la Maroquinerie le 22 février 2024 : Infos et reservations
Nouvel album « Paris Cyclone » toujours disponible : Écouter l’album

1 commentaire

1 commentaire

  1. Avatar

    Julie Augeraud

    9 janvier 2024 à 16h55

    sympa je connaissais pas ! merci pour la découverte

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